Ville
internationale par excellence, Vienne accueille le siège de l’Agence
internationale de l’énergie atomique (AIEA). Fondée en 1957, elle est chargée
des missions essentielles suivantes : la sûreté et la sécurité nucléaire,
la vérification des garanties et la promotion des usages pacifiques des
sciences et technologies nucléaires.
Cette
dernière mission recouvre une grande diversité d’actions partageant les
objectifs de développement économique et d’amélioration du bien-être. Cette
mission est, de façon transversale à l’organisation de l’AIEA, formalisée par
un ensemble de projets avec les pays hôtes ou destinataires des actions
afférentes. Nombre d’entre ces projets sont relatifs à l’Accord de coopération
pour la promotion des sciences et de la technologie nucléaires en Amérique
Latine et aux Caraïbes (ARCAL) ou encore à l’Accord régional de coopération
pour l’Afrique pour la recherche, le développement et la formation liés aux
sciences et techniques nucléaires (AFRA).
AFRA et développement de la
recherche en biotechnologie au Niger
En
installant un laboratoire de biotechnologie végétale et amélioration des
plantes (LBVAP) au sein de l’institut des radio-isotopes de l’université Abdou
Moumouni de Niamey, « le Niger entend apporter sa participation active au
programme AFRA pour qu’il bénéficie des impactes salutaires de ce programme
régional », déclarait le ministre de la Santé publique du Niger, M. Issa Lamine, lors de
la 52ème session ordinaire de la conférence générale de l’AIEA fin
septembre.
En
effet, le LBVAP, qui devrait être pleinement opérationnel dans les mois à
venir, bénéficie d’un soutien financier important de l’Etat, mais aussi des
réformes en cours de l’université de Niamey, avec l’appui de l’ambassade de
France au Niger, notamment en faveur de la qualité scientifique via
l’instauration d’un comité scientifique. La participation du Niger au projet de
l’AIEA « Evaluation sur le terrain et diffusion de variétés végétales
améliorées à l’aide des techniques de sélection par mutation et des
biotechnologies » devrait donc s’en trouver confortée. Le projet,
labellisé RAF/5/056, proposé à l’AIEA par les partenaires de l’AFRA, rassemble
aujourd’hui 21 pays africains. La dimension régionale de l’entreprise permet de
répartir entre différents centres scientifiques les recherches sur les cultures
intéressant plusieurs pays et de promouvoir le transfert de compétences entre
les partenaires africains du projet.
Dans ce
cadre, des progrès ont d’ores et déjà été réalisés en République Unie de
Tanzanie, en Zambie ou en Egypte en ce qui concerne l’introduction de nouvelles
variétés de riz, de haricots ou de carthame. Avec le LBVAP, le Niger ciblera le
mil (une céréale tropicale), l’oseille et le niébé ; des cultures
particulièrement importantes pour le pays. D’autres pourraient être étudiées
lorsque l’infrastructure aura été complétée.
La
démarche scientifique consiste à induire des mutations génétiques grâce au
rayonnement gamma (la plante ne devient pas radioactive par cette méthode !).
Le LBVAP sélectionne ensuite les variétés susceptibles de maximiser la
productivité et d’augmenter la sécurité alimentaire du Niger, ce qui passe par
une plus grande résistance aux différents stress auxquels sont soumises les
cultures du pays (sécheresse, stress biotiques…). Statistiquement, on estime
qu’aux alentours d’un échantillon irradié sur plusieurs milliers réagira
conformément aux espérances des chercheurs. A noter, la production d’oseille
étant une activité surtout féminine, les recherches sur ce végétal ont aussi
vocation à améliorer, au moins indirectement, la condition féminine.
L'AIEA et le LBVAP
Dans cette perspective, l'AIEA intervient à plusieurs niveaux. L'Agence a la charge, non exclusive, de l'irradiation des échantillons envoyés par le LBVAP. L'AIEA dispose en effet à Seibersdorf en Autriche de laboratoires de recherche développant les sciences et techniques nucléaires appliquées ; gérés par la division commune de l'Organisation de l'alimentation et de l'agriculture (OAA) et de l'AIEA nommée OAA/AIEA, les laboratoires mettent à disposition des des porteurs de projets tels que RAF/5/56 leur infrastructure et leur savoir-faire.
L'AIEA forme aussi des personnels techniques et scientifiques et aura financé la majeure partie des équipements utiles à la mise en oeuvre de la sélection des variétés améliorées par des méthodes de biotechnologie.
Plus d'informations / Contact(s) :
- Dr. Daouda Ousmane, directeur du laboratoire de biotechnologie végétale et amélioration des plantes de l'université Abdou Moumouni de Niamey au Niger - Tél. : +227 203 158 50 - Courriel : dsaniri@yahoo.fr
Source(s) :
- Visite du laboratoire de biotechnologie végétale et amélioration des plantes de l'université Abdou Moumouni de Niamey au Niger par M. Daouda Ousmane, le 25 septembre 2008
- Entretien avec Mlle Albane Godard, attachée de coopération technique de la mission française auprès des Nations unies à Vienne, le 17 octobre 2008
- Entretien avec Mme Spencer, responsable technique du projet RAF/5/56 à l'AIEA, le 13 novembre 2008
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